Bonjour à toutes et à tous,
Ce n’est pas sans émotion que je vous écrit ces quelques lignes, je m’appelle Claire, fille de Guy et Elisabeth, mon père étant le pasteur de notre église.
Comme je vous l’ai dit dans cette intro, je suis née dans une famille chrétienne et pleine de foi, entre une grande soeur, un grand frère, un petit frère et une petite sœur. Nous avons été éduqués dans l’amour et dans un partage de foi réelle à travers les diverses expériences de mes parents et de notre famille. Petite, j’ai été marqué par la présence de Dieu et j’ai toujours eu un cœur aimant Dieu et les valeurs chrétiennes. J’ai eu la foi d’une petite fille allant aux réunions et dans les colonies chrétiennes au cours desquelles, j’ai fait de belles expériences, notamment en 1987 où je fus baptisée du St Esprit. Je me suis faite baptisée en mai 1995, j’avais alors 16 ans. J’étais une adote pleine de vie (un bout-en-train) toujours à rendre service et à aider les autres. Très vite, je savais que je voulais travailler dans le domaine social et de l’enfance. J’ai suivi la formation du BAFA et j’ai été monitrice en camps d’adolescents chrétiens. C’est lors d’un de ces camps que j’ai rencontré un jeune chrétien animateur pour lequel j’ai éprouvé beaucoup de sentiments. On a continué à se voir et à se fréquenter, j’étais très proche de lui et me sentais là encore bien utile étant lui-même dans une situation familiale difficile et portant le fardeau d’un passé douloureux. Cependant, j’étais éperdument amoureuse de lui mais lui vivait notre relation bien différemment que moi, il était très instable dans ces sentiments pas bien dans sa peau, moi j’y croyais.
L’été qui a suivi l’année de notre rencontre, on s’est vu régulièrement et ses sentiments étaient loin d’être affermis voir bien chaotiques ne sachant quoi me dire et penser pour nous deux. On s’est retrouvé au mois d’août ; à cette période-là j’étais animatrice dans le camp d’adolescent et avait été bénie et heureuse, j’étais proche de Dieu, et là voyant cette instabilité sentimentale chez lui, il a décidé que l’on devait arrêter notre liaison. Mais moi j’étais amoureuse et y croyait encore. C’est la veille du jour de son départ à la fin de ce mois d’août 1998, que l’on s’est retrouvé dans son lit et ce qui devait ne jamais arriver (je m’étais donnée à Dieu dès mon jeune âge et savait que je devais rester vierge jusqu’au mariage) arriva. Je ne me souviens pas avoir réalisé le lendemain ce qui s’était passé, j’étais tellement triste qu’il parte chez lui et me voir continuer une relation à distance, déjà mal vécue, m’angoissait tout à nouveau. 15 jours se sont écoulés et là j’ai réalisé ce qui s’était passé et l’angoisse est montée quand au fur des jours, je voyais le retard des règles alors que j’avais toujours eu un cycle bien réglé. On se téléphonait tous les soirs et ce samedi de septembre, il a fallu que je trouve la force de faire un test de grossesse qui se révéla positif. Des heures au téléphone avec lui, avec plein d’angoisse des deux côtés. Et là, désespérée, j’ai décidé d’aller réveiller mes parents, c’étaient les seuls sur qui je comptais réellement. Et je savais que je ne cacherai jamais cette grossesse. La nuit fut difficile, je revois encore mon père plein de larmes et ne disant rien. J’avais très mal au cœur et je réalisais comment j’étais tombée bien bas. Ma maman a eu la réaction merveilleuse d’une mère qui prend sa fille et qui pleure avec elle et lui essuie ses larmes. Cette nuit-là, elle a dormi à côté de moi, j’avais de tels sanglots et des angoisses. Mon père, lui, a préféré se retirer, il était triste.
Le lendemain, il m’avait laissé une lettre (que j’ai toujours) : une lettre me certifiant son pardon et son amour malgré la tristesse qu’il ressentait mais également me parlant de Jésus, me rappelant mon péché et la souffrance de Jésus sur la croix portant mes péchés et que si je lui confessais mon péché il était fidèle pour me pardonner. Je tiens à souligner que cette lettre eu pour moi un écho puissant me faisant réaliser mon état de pécheur et ces paroles étaient loin d’être conciliantes mais très précises et directes empreintes d’amour. Il est bon d’être reprise par Dieu, malheureusement, j’ai souvent vu des parents chrétiens qui n’ont pas repris leurs enfants de peur de les éloigner de Dieu mais c’est pire car il ne faut pas oublier que Dieu est Dieu de justice et a mis des commandements et des règles à respecter. C’est à partir de cette prise de conscience qu’une véritable repentance a pu prendre naissance.
Dans la semaine qui a suivi, avec l’aide de ma maman, j’ai commencé à prier, confessant mon péché et en croyant à l’amour et au pardon de Dieu pour ce moment précis. Le 19 Septembre : nous avons lu ce verset qui m’a percuté et m’a permis de sentir réellement le pardon de Dieu : (version français courant) Soph. 3 v.17 : « L’Eternel ton Dieu, est au milieu de toi ; le Dieu puissant te délivrera, il se réjouira à cause de toi d’une grande joie ; il gardera le silence sur tes fautes à cause de son amour, il se réjouira à cause de toi avec un chant de triomphe » Pour moi ce fut une promesse à saisir, maman et moi nous fûmes surprises mais heureuses, elle a prié et ça m’a fait du bien.
Le dimanche suivant, sans obligation de la part de mes parents, j’ai décidé à demander pardon à mes frères et sœurs de l’Eglise ainsi qu’aux jeunes et aux familles. Je n’étais pas fière mais ce qui m’a le plus touché c’est à la fin de cette annonce où tant de personnes sont venues me serrer dans leurs bras en m’assurant de leur soutien.
Ce qui est étonnant c’est que des chrétiens ont été repris et m’ont avoué qu’ils ne pouvaient me juger puisqu’ eux aussi à certaines périodes de leur vie avaient chuté et n’avaient pas eu la force de le confesser publiquement. J’avais été pour eux un exemple.
Maintenant, je voudrais ajouter la réflexion d’une fille de chrétiens âgée à l’époque de 12 ans qui a dit à ses parents qu’elle ne comprenait pas pourquoi j’avais demandé pardon devant l’Eglise, puisque j’aimais un garçon chrétien, je pouvais, selon elle, être enceinte sans remord. Cela nous rappelle combien, même dans la maison de Dieu, il est bon de rappeler aux enfants les règles que Dieu a instaurées pour le mariage et que se garder pur jusqu’au mariage est important.
La grossesse a repris son cours, à l’époque j’étais en deuxième année de DEUG, les mois ont passé et j’ai vu la main de Dieu tout au long de la grossesse aussi bien matériellement que physiquement. Ma fille est née le 27 mai 1999 et,là, encore Dieu a béni malgré un accouchement difficile et une césarienne en urgence. C’est maman qui était là avec moi. Je la remercie de tout mon cœur, elle a su m’accompagner avec tant de tendresse.
Le papa de ma petite fille a fait son chemin, après avoir également avoué son péché à son Eglise, il a abandonné petit à petit la foi. Nous savions que notre route devait se stopper malgré la naissance d’un enfant. Pourtant j’y ai encore cru la première année mais maintenant je ne regrette pas ce chemin de séparation.
J’étais donc devenue mère-célibataire, mes parents nous ont gardé toutes les deux les premiers mois. J’ai réussi mon DEUG, je l’ai même eu avec mention alors que jusqu’ici je n’avais jamais eu de mention !
J’ai poursuivi ma licence et Dieu m’a fait grâce pour la garde de ma fille et a su subvenir à mes besoins, beaucoup de frères et sœurs m’ont aidé financièrement.
Après ces mois passés à gérer ma vie de jeune maman, j’étais convaincue que je ne me marierai jamais et que je n’arriverai plus à aimer un homme : j’étais trop blessée. De plus, j’étais sous un poids de culpabilité constante, j’étais pardonnée mais pas libérée. Je ne croyais pas un avenir heureux et épanoui, j’avais même dit que je resterai une simple chrétienne assise sur les bancs de l’Eglise ne pouvant plus le servir dans la chorale, avec les enfants et les ados. Je ne croyais plus à un possible ministère. C’est lors d’un rassemblement de jeunesse que je fus libérée totalement par la puissance du St Esprit, je m’étais approchée devant, demandant la prière à l’imposition des mains, et là un frère a prié pour moi et m’a donné ces paroles : « Dieu te rend vierge aujourd’hui ». Pourquoi un tel mot, a-t-il pu penser, mais pour moi c’était le bon mot !!
Au bout de deux ans, entourée de frères et sœurs de l’Eglise, j’ai retrouvé beaucoup de joie, et ma restauration fut complète lorsque j’ai commencé à partager avec un jeune de notre Eglise, un ami, un frère qui m’avait soutenu et qui me connaissait bien, et qui était loin de croire tout comme moi qu’un jour on se fréquenterait et qu’on se marierait ! Et c’est ce qui se passa par la grâce de Dieu. Son cœur fut assez grand pour m’accepter avec ma petite.
Durant la première année de mariage, Jean-Christophe a payé le prix de mes blessures, ce ne fut pas très facile au début de croire de nouveau à l’amour d’un homme mais avec Dieu, j’ai avancé et progressé. Il a fallu prendre un chemin de guérison de ma vie intime et personnelle pour enfin arriver à m’épanouir dans le mariage ; Jean-Christophe m’a beaucoup aidé.
De plus, j’ai du faire face très vite au père de ma fille car il a eu le droit de visite et de garde régulière. Et là je peux témoigner que Dieu m’a aidé car j’étais remplie d’amertume, de haine et de non-pardon. Mais à ce jour, les larmes ne coulent plus aussi fréquemment, je lui ai pardonné et je lui confie sa fille pendant ces jours de vacances qui lui sont autorisés et notre seul souhait pour lui est qu’il se tourne à nouveau vers Dieu, qu’il change de vie et que sa fille soit le témoin de Jésus dans sa famille.
Juste pour finir, j’aurais encore tant de choses à dire mais ce que je souhaite c’est que ces quelques lignes rendent gloire à Dieu tout simplement.
Je voudrais terminer ce témoignage en évoquant les bénédictions du Seigneur dans ma vie :
Je suis maintenant mariée, heureuse et j’aime mon mari de tout mon cœur. Nous avons une deuxième fille Louise : un véritable cadeau pour notre famille. C’est beau de voir ma première fille l’appeler sa sœur ! De plus, je suis devenue institutrice (Dieu a réellement fait grâce dans mes études). Et ce qui est très grand pour moi c’est que Dieu m’a rétabli dans le ministère à des places insoupçonnées : je m’occupe avec JC de la jeunesse de Reims, je suis monitrice des petits les dimanches et je dirige maintenant notre chorale. Que Dieu est bon !
Conseils pour la jeunesse :
« Garde ton cœur plus que toutes autres choses car là où est ton cœur là est ton trésor »
Je vous conseille de croire en Dieu, de l’aimer de tout votre cœur. C’est un Dieu de pardon véritable, il est bon de lui confesser son péché, il demeure si fidèle.
Veillez sur vos voies, sur votre comportement et sur vos relations et faites confiance à Dieu en tout temps.